
Pour la démocrate que je suis, j'avoue que chaque séance du conseil municipal est l'occasion de découvrir une conception toute particulière du débat, du respect de l’opposition et des règles élémentaires, ce qui prouve qu'en la matière, l'élève BECHTER dépasse le maître DASSAULT...
Démocratie municipale: les leçons innovantes de Monsieur BECHTER
- A quoi bon fournir aux élus un projet de délibération sur ce qu'ils vont décider? Jean-Pierre BECHTER qui ne recule devant rien, ose prétendre que fournir un projet de délibération serait contraire à la démocratie!. (Il faudra l’expliquer à l’ensemble des collectivités territoriales qui nagent dans le totalitarisme…)
Il préfère donner la parole (quand il la donne..), laisser le débat libre (jusqu’à ce qu’il dérange) et après, dans sa grande sagesse, Monsieur le Maire rédige, signe et envoie en préfecture pour contrôle de légalité, une délibération forcément bonne, puisque c'est la sienne....
Sauf que la réalité est bien inquiétante : les décisions sont prises sur la base d’orientations d’une notice explicative, sans regard des élus sur la rédaction définitive de la délibération qui sera adressée au contrôle de légalité…
- A quoi bon faire approuver le compte-rendu du conseil municipal précédent? Nous voilà donc au troisième conseil municipal sans que les deux précédents n’aient été approuvés. Pour se dédouaner d’une responsabilité qui lui incombe totalement, Jean-Pierre BECHTER n’hésite pas à invoquer la faute des autres : La nonchalance administrative induite par quatre mois de gestion sous tutelle préfectorale rendrait difficile sa mise en place. Quel est le rapport ? Les débats ont toujours été enregistrés et transmis à une société qui les retranscrit, la délégation spéciale n’a rien à voir dans tout cela. Jean-Pierre BECHTER propose que chaque élu transmette dorénavant par écrit ses interventions éventuelles! Il n’y aurait ainsi plus de compte rendu réel des débats et interventions, ni reprise des sujets qui fâchent…
- A quoi bon demander aux élus de l'opposition à quel groupe ils veulent appartenir ?
Pascal Fournier est le seul élu Vert : Qu’à cela ne tienne, dans la tribune de l’opposition, on l’a placé d’autorité dans le groupe socialiste sans même lui demander son avis.
-A quoi bon s’embarrasser des règles de forme : Pascale PRIGEANT (élue communiste) n'a pas été conviée à la commission des finances? Ah ce n'est qu'un oubli, lui rétorque-t-on !
-Jacques GUISTI (élu opportuniste) démissionne du conseil municipal ? C'est enfin pour mieux valoriser ses compétences en l'intégrant au cabinet du Maire qui ainsi passe de la bande des quatre au club des cinq...
-Enfin, si Serge Dassault est présent dans l’enceinte du conseil municipal où il n’a légalement pas sa place, c'est que l'on a créé le statut « d'invité d'honneur permanent » pour l'occasion….
Si l’opposition a fait quelques remarques sur tous ces points, son absence de réaction de fond, de saisine du Préfet pour que les règles soient respectées…font que Jean-Pierre BECHTER se sent conforté dans son autocratisme et puisque tout passe, pourquoi se gêner, autant continuer….
Les souffrances administratives du jeune BECHTER....
- Au fil des délibérations, des questions, des interrogations, chacun perçoit une organisation municipale plus qu’approximative. Qu'à cela ne tienne, nous voilà rassurés, Jean-Pierre BECHTER va recruter un « vrai » directeur du personnel pour remettre de l'ordre dans tout ça. Exit tout le remarquable travail réalisé par l’actuelle Directrice des ressources humaines…
- Si vous vous demandez pourquoi certains dossiers de la ville n'avancent pas, ou avancent mal, ou s'il y a des dysfonctionnements, pour M.BECHTER, la cause est toute trouvée : c'est la faute à la délégation spéciale et à ces quatre mois d'administration provisoire...Mais au fait, Monsieur le Maire, qui est à l’origine de cette situation de tutelle préfectorale sur la ville?
- Et quoi qu'il en soit, Monsieur BECHTER n’est responsable de rien… Quand ce n’est pas la délégation spéciale, le coupable désigné est l'administration municipale et son incompétence. Mais au fait, Monsieur BECHTER, qui était le Maire ayant mis en place cette administration si déplorable sinon « l'invité d'honneur permanent »? Vous semblez avoir oublié que vous n’avez pas repris la ville à l’opposition : « voter BECHTER, c'est voter DASSAULT »… Alors ayez au moins l’élégance d’assumer la continuité plutôt que de vous défausser sur ceux que Serge DASSAULT a choisi.
La démocratie a ses limites, les questions de l’opposition, c'est agaçant, on perd du temps!...
- Contrairement à la règle, aucune suspension de séance n'est prononcée pour la présentation au conseil du rapport du SIARCE par son directeur, M. J.L.COMBRISSON.
Comme celui-ci s'attache à répondre précisément aux questions qui lui sont posées, cela agace M. le Maire qui l'interrompt avant de le remercier cavalièrement pour le convier à revenir l'année prochaine..
Plus le temps dans ces conditions de répondre autrement que par des propos vagues à la question de l'octroi des permis de construire malgré les réserves émises par le dit SIARCE, décidément bien encombrant.... Au fait, qu'en pense M.BAYLE, vice-président du SIARCE ? Qu'importe, il faut maintenant reprendre une séance qui n'a jamais été suspendue!
- D'ailleurs, l'opposition, c'est bien quand elle se tait, mais c'est très agaçant quand elle pose des questions précises sur le lourd dossier de la SAIEM et de la Papèterie. Pour preuve l'énervement manifesté par J.P.BECHTER en réponse à celles posées par MM. Da SILVA et MIGLOS qui n’obtiendront que des réponses vagues et embrouillées. Quant à Mme MERESSE, trop civilisée avec sa main levée pour attendre son tour, on ne saura jamais ce qu'elle voulait demander, car « ça suffit comme ça ces questions, on passe au vote »...
- Pauvre Mme MERESSE qui tente à nouveau sa chance sur le point suivant pour connaître les raisons des annulations en dernière minute des réunions programmées sur la reconstruction des écoles, ce qui entraîne un retard important des projets. Elle devra se contenter d'un retour au bouc émissaire du jour: 'elles se feront quand on aura donné à l'administration les moyens de fonctionner' (sic)
- Dans ces conditions, et avec le temps qui passe, à quoi bon répondre à toutes les questions essentielles et de fond posées par la ZAC de la Montagne des Glaises? Le désenclavement du quartier, le problème géologique de l'instabilité des sols, des effets à venir des anciennes constructions sur les nouvelles, sur les questions de circulations, de stationnement, d'accessibilité... et sur la question sans doute jugée secondaire de la viabilité globale du projet. Quand on sait que l'essentiel repose sur le marché du logement privé, et que les opérations immobilières de la ville, naguère si fertiles, peinent aujourd'hui à trouver des acquéreurs?
Social: le BECHTER de campagne et le BECHTER de ville
- Pendant sa campagne, l'héritier désigné du trône local arborait fièrement sur ses bulletins de vote son titre de « Secrétaire Général de la Fondation Serge DASSAULT » pour nous convaincre de sa sollicitude envers les personnes atteintes de handicap.
Il se trouve que certaines écoles de la ville accueillent dans des classes d'intégration scolaire (CLIS) des élèves handicapés physiques, sensoriels ou mentaux afin de développer, en milieu ouvert, le potentiel dont ils sont porteurs.
Mais le Maire n'est plus le candidat: il décide de facturer aux familles extérieures à la ville le coût du transport domicile-école de ces enfants!... C'est pour le moins une conception très particulière de la solidarité envers des familles déjà touchées par le destin. Une solution beaucoup plus responsable aurait pu être mise en place, celle de facturer aux autres communes le coût du transport assumé par la ville de CORBEIL-ESSONNES. Mais au fait, qu’en pense l’élu délégué au handicap ?
- Et on reparle (ou plutôt on tente en vain d'obtenir quelques éclairages) du dispositif « le pied à l'étrier » qui consiste, à l'origine, à aider ponctuellement un jeune dans son parcours en échange d'une action de solidarité de sa part...
Là il s'agit de 43 aides, dont 38 permis de conduire. Bien sur, l'adjoint à la jeunesse, Monsieur SADOUL, n'est pas habilité à présenter la délibération, car : 'le Maire fait ce qu'il veut'.
Ne serait-ce pas plutôt pour ne pas répondre aux nombreuses questions qui sont posées sur les conditions de ces attributions? Sur la pédagogie qui sous-tend le dispositif ? Sur les critères de sélection et d'attribution? Sur la réalité des actions accomplies? Sur la nature des associations qui accueillent les jeunes ? Sur le quotient de réussite au permis en dehors des 100% péremptoire affirmés par le Maire ?
Même le plus crédule ne peut, devant un tel flou dans les réponses apportées, s'empêcher de se demander s'il ne s'agit pas là au mieux 'd'acheter la paix sociale' à venir, au pire d’honorer avec l'argent public des engagements pré-électoraux?
Décidemment, ce troisième conseil municipal n’est guère différent des deux premiers. Ce manque de démocratie, cette fuite devant les responsabilités, cette volonté délibérée d’esquiver les réponses et cette absence récurrente de vision globale et de projet pour l’avenir de notre ville, devient de plus en plus préoccupant.
Le temps qui passe ne se rattrape pas et la facture sera lourde pour les Corbeil-Essonnois…